Archive pour octobre, 2010

EXTRAIT UNE OMBRE SUR L’ÉPAULE

Lorsqu’elle rentra dans le bureau et qu’elle se présenta, j’ai
voulu cacher mon malaise et prétendre ne pas chercher du tra-
vail. Elle s’avança alors vers moi et me dit.

— L’intérim, vous connaissez ? Je ne suis que de passage.
Vous savez, vous serez encore dans cette boîte que je serai loin,
très loin. Ne vous en faites pas, vous oublierez rapidement mon
visage.

Je n’avais pas ouvert la bouche. Elle était belle, se déplaçait
comme une caravelle qui fend l’océan pour enfin toucher terre
et accéder au Nouveau Monde. Sa fantaisie ondulait comme
une caresse exubérante et en une mesure musicale les flots cha-
viraient ma fantaisie aux arpèges de son appel. Elle côtoya ma
détresse, passa près de moi, pour au final réduire à néant mon
irrésistible envie de la séduire. Le moment fut crucial et éternel.
Elle brillait fière et arrogante en observant du coin de l’œil le
beau pirate s’affranchir des tumultes et des tempêtes, parce que
la mer est une force que l’on ne fréquente pas, on s’offre à elle
comme un ultime départ…
Elle m’envoya presque à la figure un formulaire et sans
formule aucune, elle quittait les lieux. Je me retrouvais dans le
froid et la neige.
L’hiver sentait la mort et mes pas résonnaient comme ceux
d’un fantôme. Le vent trahissait mes angoisses nouvelles,
j’allais attendre sagement chez moi à détester ma future vie de
salariée en CDI…

Publié dans:Non classé |on 14 octobre, 2010 |Pas de commentaires »

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